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 l'éducation et le sens de la vie (jiddu krisnamurti)

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Halogène




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MessageSujet: l'éducation et le sens de la vie (jiddu krisnamurti)   Mar 18 Nov 2014 - 16:48

y'a quelque faute dans l'article


Le voyageur qui fait le tour de la Terre constate à quel point extraordinaire la nature humaine est identique à elle-même aux Indes, en Amérique, en Europe, en Australie, partout. Et cela est surtout vrai dans les collèges et les universités. Nous sommes en train de produire, comme au moyen d'un moule, un type d'être humain dont l'intérêt principal est de trouver une sécurité, ou de devenir quelqu'un d'important, ou de passer agréablement son temps, en pensant le moins possible.L'éducation conventionnelle ne nous permet d'atteindre que très difficilement à une pensée indépendante. La conformité mène à la médiocrité. Être différent du groupe ou résister au milieu n'est pas facile et est souvent dangereux dans la mesure où nous rendons un culte au succès. L'aspiration au succès - cette poursuite d'une récompense dans le monde matériel ou dans le monde soi-disant spirituel, qui est une recherche de sécurité extérieure ou intérieure, le désir d'un confort ou d'un réconfort - tout ce processus étouffe le mécontentement, met fin à la spontanéité, et engendre la peur. Et la peur bloque la compréhension intelligente de la vie. Puis, avec l'âge, s'installent la paresse de l'esprit et l'indifférence du cœur.En recherchant le confort, nous trouvons en général un coin tranquille dans la vie, où existe un minimum de conflits, et ensuite nous craignons de sortir de cette réclusion. Cette peur de la vie, cette peur de la lutte et des expériences nouvelles, tue en nous l'esprit d'aventure. Toute notre éducation, toutes les influences de notre milieu nous font redouter d'être différents de nos voisins, redouter de penser en opposition aux valeurs établies de la société, et nous rendent faussement respectueux de l'autorité et de la tradition.Il est heureux que quelques personnes sincères existent, qui acceptent d'examiner nos problèmes humains sans les préjugés de droite ou de gauche ; mais chez la majorité d'entre nous il n'y a pas un réel esprit de mécontentement, de révolte. Lorsque, sans intelligence, nous cédons au milieu, l'esprit de révolte qui est en nous doit forcément dépérir et, bien vite, nos responsabilités l'achèvent.La révolte est de deux sortes: il y a la révolte violente qui n'est qu'une réaction inintelligente contre Tordre existant, et la profonde révolte psychologique de l'intelligence. L'on voit de nombreuses personnes ne se révolter contre les orthodoxies établies que pour tomber dans des orthodoxies nouvelles, dans de nouvelles illusions, dans des satisfactions personnelles inavouées. Ce qui se produit en général c'est que nous ne rompons avec un groupe ou un ensemble d'idéals que pour rejoindre un autre groupe et embrasser Je nouvelles idéologies. Nous créons ainsi un nouveau type de pensée, un moule contre lequel il nous faudra encore une fois nous révolter. Une réaction ne peut qu'engendrer une opposition ; toute réforme engendre la nécessité de nouvelles réformes.
La révolte intelligente n'est pas une réaction: elle accompagne la connaissance de soi, cette connaissance qui est perception aiguë de nos pensées et de nos sentiments. Ce n'est qu'en affrontant l'expérience telle qu'elle vient à nous, sans chercher à fuir ce qu'elle a de troublant, que nous réussissons à maintenir l'intelligence sur le qui-vive. Cette intelligence hautement éveillée est l'intuition, notre seul vrai guide dans la vie.
Or, quel est le sens de la vie? Quels sont les mobiles qui nous font vivre et lutter? Si nous n'avons été élevés que pour obtenir des honneurs, occuper de bons emplois, être efficients, dominer le plus possible, nos vies sont creuses et vides. Si nous n'avons été instruits que pour être des hommes de science, des universitaires plongés dans des volumes, ou des spécialistes de diverses connaissances, nous contribuons à la destruction et à la misère du monde.
La vie a, en fait, un sens plus élevé et plus vaste que tout cela, et de quelle valeur est notre éducation, si nous ne le découvrons jamais? Alors même que nous serions extrêmement instruits, nous n'aurions pas pour autant une intégration profonde de la pensée et du sentiment, nos vies seraient encore incomplètes, contradictoires, déchirées par des peurs de toute sorte. Tant que l'éducation ne cultivera pas une vue intégrale de la vie, elle n'aura donc que peu de valeur.
Dans notre actuelle civilisation, nous avons divisé la vie en tant de compartiments que l'instruction n'a pas beaucoup de sens, si ce n'est celui d'enseigner une technique particulière ou une profession. Au lieu d'éveiller dans l'individu une intelligence intégrée, l'éducation l'encourage à se conformer à quelque modèle et, de ce fait, l'empêche de se comprendre lui-même en tant que processus total. Tenter de résoudre les nombreux problèmes de l'existence à leurs niveaux respectifs, isolés tels qu'ils sont dans leurs catégories, indique un manque complet de compréhension.
L'individu est composé d'entités différentes, mais accentuer leurs différences et encourager le développement d'un type défini, conduit à d'innombrables complexités et contradictions. L'éducation devrait produire l'intégration de ces entités séparées, car faute d'intégration la vie devient une succession de conflits et de douleurs. Que vaut la capacité des hommes de loi lorsqu'ils perpétuent les querelles? Que vaut la connaissance qui fait durer la confusion? Quelle valeur ont les compétences techniques et industrielles si nous les utilisons pour nous détruire les uns les autres? Quelle signification a notre existence si elle engendre la violence et l'affliction? Bien que nous puissions, peut-être, avoir de l'argent ou savoir en gagner, jouir de nos plaisir et de nos religions organisées, nous sommes dans de perpétuels conflits.
Il nous faut distinguer entre le personnel et l'individuel. Le personnel est l'accidentel: j'entends par là les circonstances de la naissance, le milieu dans lequel il se trouve que nous avons été élevés, avec son nationalisme, ses superstitions, ses distinctions de classes, ses préjugés. Le personnel ou accidentel n'est que momentané, encore que ce moment puisse durer toute une vie humaine ; et comme le système actuel est basé sur le personnel, l'accidentel, le momentané, il tend à pervertir la pensée et à inculquer des peurs auto-défensives.
Nous avons tous été entraînés, par l'éducation et le milieu, à rechercher un profit et une sécurité personnels, à nous battre pour cela. Bien que nous revêtions ce fait de noms agréables, nous avons été dressés à exercer des professions dans les cadres d'un système basé sur l'exploitation et sur les acquisitions qu'exige la peur. Une telle éducation doit nécessairement engendrer la confusion et la misère pour nous et pour le monde, car elle crée en chaque individu des barrières psychologiques qui l'isolent de ses semblables.
L'instruction ne doit pas être un simple entraînement de l'esprit. Entraîner l'esprit c'est le rendre efficient, ce n'est pas le mener à la plénitude. Un esprit qui n'a été que dressé est le prolongement du passé et, façonné de la sorte, ne peut jamais découvrir le neuf. Voilà pourquoi, en vue de savoir ce que doit être la vraie éducation, nous devrons nous interroger sur l'entière signification de la vie.
Pour la plupart d'entre nous, cette interrogation n'est pas d'une importance primordiale et nos systèmes d'éducation accordent la primauté à des valeurs secondaires qui aboutissent à nous rendre compétents en certaines matières. Bien que le savoir et l'efficience soient nécessaires, leur accorder la primauté ne conduit qu'à des conflits et à la confusion.
Il existe une efficience basée sur l'amour, qui va bien plus loin et qui est beaucoup plus grande que l'efficience de l'ambition. Sans l'amour qui engendre une compréhension intégrale de la vie, l'efficience conduit à la brutalité. N'est-ce point cela qui se produit partout dans le monde? Nos systèmes actuels d'éducation sont embrayés dans l'industrialisation et la guerre. Leur but principal est l'efficience. Nous sommes pris dans cette machine de cruelles concurrences et de destructions mutuelles. Et si l'éducation mène à la guerre, si elle nous apprend à détruire ou à être détruits, n'a-t-elle pas fait faillite?
Pour instaurer une éducation vraie, il est évident qu'il nous faut comprendre la signification de la vie dans sa totalité, et pour cela il nous faut être capables de penser, non pas avec une consistance logique, mais directement et dans un esprit de vérité. Un penseur trop logique est en vérité irréfléchi car il se conforme à un modèle, il répète des phrases et sa pensée suit une ornière. Il est impossible de comprendre la vie d'une façon abstraite ou théorique. Comprendre la vie c'est nous comprendre nous-mêmes, et voilà le commencement et la fin de l'éducation.
La véritable instruction ne consiste pas à acquérir des connaissances, à enregistrer et cataloguer des faits, mais à voir la signification de la vie en tant que totalité. Or la totalité ne se laisse pas approcher par une de ses parties, et c'est cependant ce qu'essayent de faire les gouvernements, les religions organisées, les partis autoritaires.
La fonction de l'éducation est de créer des êtres humains intégrés, donc intelligents. Nous pouvons acquérir des diplômes et être mécaniquement efficients sans être intelligents. L'intelligence n'est pas une capacité d'emmagasiner des informations, elle n'a pas sa source dans des bibliothèques, et ne consiste pas non plus en brillantes réponses d'auto-défense ou en assertions agressives. Celui qui n'a pas étudié peut être plus intelligent que l'érudit. Nous avons érigé les examens et les grades universitaires en critérium d'intelligence et avons cultivé des esprits rusés, habiles à éviter nos problèmes vitaux. L'intelligence est la capacité de percevoir l'essentiel, le « ce qui est ». Éveiller cette capacité en soi-même et chez les autres, c'est cela l'éducation.
L'instruction devrait nous aider à découvrir des valeurs durables, de sorte que nous ne dépendions plus de formules et ne répétions plus de slogans. Elle devrait nous aider à briser nos barrières nationales et sociales au lieu de les renforcer, car ces barrières engendrent l'antagonisme entre l'homme et l'homme. Malheureusement, les systèmes actuels d'enseignement font de nous des êtres soumis, mécaniques et profondément frivoles. Bien qu'ils éveillent notre intellect, ils nous laissent intérieurement incomplets, cristallisés et stériles.
Si nous ne parvenons pas à une compréhension intégrée de la vie, nos problèmes individuels et collectifs ne feront que s'approfondir et s'étendre. Le but de l'éducation n'est pas de produire des érudits, des techniciens ou des quêteurs d'emplois, mais des hommes et des femmes intégrés et libérés de la peur, car ce n'est qu'entre de tels êtres que la paix pourra s'instaurer.
C'est en la compréhension de nous-mêmes que la peur cesse d'exister. Si l'individu doit être aux prises avec la vie d'instant en instant, s'il est obligé d'affronter ses complications, ses misères et ses soudaines exigences, il doit être infiniment souple et par conséquent libre de toute théorie et de tout modèle de pensée.
L'éducation ne devrait pas encourager l'individu à se conformer à la société ou à être négativement en harmonie avec elle, mais l'aider à découvrir les vraies valeurs qui surgissent lorsqu'un esprit, conscient de son propre conditionnement, examine une question en toute honnêteté. Lorsqu'il n'y a pas connaissance de soi, l'expression individuelle n'est qu'assertion personnelle avec tout ce que cela comporte de conflits agressifs et ambitieux. L'éducation devrait éveiller la capacité de se percevoir soi-même et non une complaisance pour l'expression de la personnalité.
A quoi bon apprendre, si dans le fait de vivre nous nous détruisons nous-mêmes? Et, comme nous subissons une succession interminable de guerres dévastatrices, il nous faut admettre qu'il y a quelque chose de radicalement faux dans la façon dont nous élevons nos enfants. Je crois que, pour la plupart, nous sommes conscients de ce fait, mais nous ne savons pas comment l'aborder.
Les systèmes - politiques ou éducatifs - ne se modifient pas mystérieusement ; ils se transforment lorsque se produit un changement fondamental en nous. L'individu est de première importance, non le système ; et lorsque l'individu ne se comprend pas en tant que processus total, aucun système, fût-il de droite ou de gauche, ne peut apporter au monde l'ordre et la paix.
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