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 Le mal des villes [Première partie]

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Shotgun


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Date d'inscription : 26/12/2010

MessageSujet: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 17:17

Yo, voilà les 2 premiers chapitres (à retravailler) d'une modeste nouvelle que je suis en train de préparer; elle devrait faire une quarantaine de pages je pense, ce qui est peu mais bon ça peut être décourageant d'avoir 40 pages à lire sur un ordinateur, donc je poste les 2 premiers chapitres, qui équivalent à peu près a 15 pages d'un livre de poche. Je comprendrais que certains aient la flemme de lire parce que ça fait quand même un peu long , puis y'a beaucoup de défauts mais bon, je partage quand même à qui le veut !





_________________________________________________




Chapitre 1 - Introspection



- Ha, voter pour un type pareil c'est retrouver un pays redressé dans quelques années, vous pouvez me croire ! En voilà, un bon représentant, le seul gaillard honnête en lice !
- Tu penses vraiment voir le pays s'en sortir en étant représenté ? En déléguant le pouvoir...? Sois sérieux. Parole, pas une seule de mes respirations ne sera prise dans un bureau de vote; qu'on analyse mon corps en fin de vie s'il le faut ! Le cœur qui parle, ça !...


Plutôt d'accord. Même après plusieurs soirées passées avec eux à entendre leurs opinions avinées rabâchées à longueur de cadran, j'ai toujours du mal à comprendre comment l'illusion du vote est encore aussi encrée. Enfin pour être honnête, j'ai plutôt du mal à...


- Ha, toujours le bon mot ton cœur ! Rien de plus qu'un anar, le garçon ! J'en ai vu des lascars comme toi, tous faits du même cuir; quelques suppliques et du même élan ça va jeter des pierres dans les fenêtres des quartiers bourgeois ! 'Parlez d'un révolutionnaire...!
- Poses la bouteille mon vieux. Voilà le problème avec toi; les seuls moments où tu t'engages dans des discussions sérieuses c'est à partir du deuxième tiers de bouteille, mais - punition des cieux - c'est aussi le moment où tu commencer a brailler jusqu'aux postillons et à traiter le moindre chat qui passe de bolchevique.
- Pas d'anathème ! Non ! Du fond, du fond, du fond, pas plus ! La discussion doit s'en suffire ! Moi ce que je dis là - du fond - c'est que ton abstention subversive, c'est rien de plus que de la paresse vernie de principes forts ! Ha, moi aussi j'en construit des belles, des tirades, c'est pas le vin qui m'en empêche, vois...!


 ...Pour être honnête, j'ai plutôt du mal à comprendre pourquoi ce type de sujet est tant discuté. Enfin, je veux dire, je comprends qu'un sujet de ce type fasse l'objet de dissensions, je comprends qu'il soit utile d'en débattre régulièrement, j'en comprends même la nécessité; mais je ne comprends pas la place que beaucoup offrent à la politique dans leur espace spirituel; c'est comme si la plupart des gens pensaient se développer par la conscience politique. A mes yeux, c'est un éveil factice. C'est un sujet d'utilité sociale mais pas spirituelle, et passer des heures à distinguer le vrai du faux, la machination de l'entreprise sincère, passer tant d'heures à réfléchir sur ces affaires humaines ne peut jamais tenir lieu de développement intellectuel. Penser aux vices politiques, c'est penser l'aspect négatif du monde; l'éveil se trouve "de l'autre côté de la vie"...!


- Dis Léon, tu ne veux pas lui demander de se calmer ? Puisque tu ne parles quasiment jamais, peut-être qu'il t'écouteras un peu plus que moi.
- N'essaies pas d'éviter la discussion aussi grossièrement ! Du fond, du fond ! Et que ça suffise !


C'est vrai, je parle peu. Bien moins que je pense en tout cas, et je vous avouerais que ce déséquilibre entre le temps que je passe à penser et celui que je passe à m'exprimer constitue une des mes grandes fiertés secrètes. Pour tout vous dire, la raison pour laquelle je ne prends jamais part aux discussions sérieuse est assez simple; et contrairement à ce que j'ai laissé entendre, il n'y a pas dans ma démarche la logique jalouse de celui qui veut garder pour lui seul le peu de trésor qu'il possède. Lorsque la discussion porte sur des sujets qui me sont familier voire intimes, le fait d'y avoir trop pensé me donne l'impression que je me mettrai à nu si j'en parlai; à l'inverse, si je suis questionné sur un sujet qui m'est étranger, je préfère me taire plutôt qu'abonder en lieux communs. Ainsi, je n'ai tendance à parler ouvertement que de sujets plus ou moins courants, qui en tout cas ne me sont ni familiers ni étrangers, ce qui limite considérablement mon champ d'action, vous en conviendrez. Paradoxal me direz-vous, puisque le texte que vous barrez ici des yeux est profondément autobiographique... Mais, le paradoxe, c'est le ressort du Monde !




Chapitre 2 - Le Mal Des Villes



Nous étions trois assis dans une pièce. L'appartement de Marc (l'aviné) était ridiculement petit, il était même plus naturel et conforme aux impressions communes de parler de cloaque, de cloaque quasi claustrophobique. C'était une chambre de bonne en centre-ville obtenue par je ne sais quelle manœuvre à moitié-prix - Marc, de par sa sociabilité excessive, avait des contacts dans beaucoup de domaines influents, dont l'immobilier - ce qui cadrait avec son faible revenu aussi bien qu'avec ses dépenses abondantes et superflues. Ainsi, chaque semaine, nous nous retrouvions tous les trois - Marc, Joe et moi, Léon - dans ce carré exigu pour combler la nuit de boissons et de controverses cycliques, les deux étant fournies par Marc et m'étant tout à fait étrangères, voire parfois même antipathiques. La chambre n'était bien évidemment constituée que d'une seule pièce, où se bousculaient cuisine, salle de bain, salle à manger et chambre à coucher, représentés respectivement par une gazinière sommaire et maculée, une cabine de douche transparente donnant à voir à quiconque se trouvant dans son périmètre restreint celui qui s'y lavait, une table basse ébréchée et un lit rétractable constamment défait. C'est ici que j'acceptai plusieurs fois par semaine de venir passer la nuit, dans le flux des alcools divers et des discordes habituelles. Cette activité me dérangeait de plus en plus, mais j'avais parallèlement le vif sentiment qu'elle m'était nécessaire, afin que mon inactivité sociale (le mot "solitude" est savamment évité, j'y reviendrai) ne soit pas complète et trop envahissante. C'était pour moi un rappel au monde sous toutes ses formes: dans son vide et sa vanité (matérialisés ici par les boissons et les palabres infinies) aussi bien que dans son impérieuse nécessité, sa paradoxale utilité à mon équilibre psychologique. Paradoxale bien sûr; puisque ce lieu m'assurant de ne pas tomber dans l'ascétisme mortifère (car non voulu) me troublait aussi particulièrement par l'abondance d'opinions contraires aux miennes qui s'y déversaient en cataracte. Je n'ai jamais eu la stabilité mentale suffisante pour être indifférent à la contradiction, et mon silence figé tout au long de ces débats ne m'aidait en rien, au contraire. Bien souvent, une fois la soirée quittée, il m'arrivait de rabâcher en pensée tout ces points de vues qui m'avaient heurté pendant la nuit, et d'en vouloir à mes amis pour la bêtise de leur opinion; un sentiment d'amère impuissance m'empoignait alors. Toutefois, j'étais bien conscient de la possible suffisance que représentait cette aversion de l'opinion contraire; mais j'étais aussi conscient qu'elle n'était pas toujours illégitime et n'était pas la simple manifestation d'un orgueil profond, d'une absence de remise en question. Une fois cette conclusion formulée, mon inquisition - d'abord freinée par le doute - reprenait de plus belle tant qu'aucune activité extérieure ne venait tarir le flux de mes pensées.

Nous étions donc trois dans cette pièce, Marc Joe et moi. Marc, le plus véhément du groupe, était d'une morphologie à la fois caractéristique et classique, contrastant particulièrement avec ses élans mais conforme à ses excès. De taille moyenne et en surpoids, son visage n'avait rien qui le rende unique; semblable à tout ceux souffrant d'un poids excessif, ses yeux semblaient creusés et les différentes extrémités de sa figure se teintaient d'un rouge sanguin à la moindre perturbation interne, qu'elle soit physique ou psychologique: son nez, ses pommettes, ses oreilles semblaient brûler d'un feu discret aux premières convulsions.
Joe, lui, paraissait s'opposer en tout à Marc, ce qui se cristallisait d'ailleurs dans chacune de leur conversation. Grand et longiligne, les joues griffées de barbe et la chevelure hirsute, il choquait toutes les sensibilités par cette aura marginale qu'il semblait vouloir conserver dans sa forme la plus primaire, comme par défi.


- Eh, l'anar, retire-moi cette clope de tes lèvres, la fumée me dérange, grogna Marc.
- Ni Dieu ni maître, vache-à-lait, répondit Joe, louchant sur la flamme de son briquet.


Joe alluma sa cigarette, en vola une bouffée telle qu'elle semblait prête à crépiter. Il en garda la fumée longtemps, à tel point qu'on eut pu penser qu'il l'avait avalée par égard aux gênes exprimées par Marc. Finalement, il en souffla le nuage, qui se dissipa dans la pièce en quelques instants, non sans l'avoir embrumée plusieurs secondes.
"L'anar", "vache-à-lait". Voilà par quels surnoms nos deux gaillards se définissaient mutuellement, surnoms ayant un lien direct avec leur opinions politiques et non pas leur aspect physique, même si il est vrai que leur physionomie était radicalement bien résumée ainsi. "Se définissaient", parce qu'en effet, ces deux là ne se considéraient qu'à travers le prisme politique. L'importance de ce sujet pour eux était telle qu'ils consentaient ensemble, à chaque fois qu'ils employaient ces surnoms, à résumer l'autre à ces simples convictions et à être eux-même réduits à ces quelques idéaux. Quant à mon point de vue sur l'importance excessive accordée à un sujet de cet ordre... Ah, combien de fois j'ai pu ruminer mes pensées et accabler de jugements mes deux amis pour ça !

J'étais ce soir là d'une sensibilité inaccoutumée. Etant pourtant habitué à leurs sempiternelles causeries, elles avaient sur moi cette fois ci un effet anxiogène particulièrement prononcé. Pourtant, leurs opinions n'étaient pas plus tranchées que d'habitude, je dirais même que lors des discussions politiques, l'avis de Joe rejoignant dans les grandes lignes le mien, cela avait tendance a atténuer mes troubles. Non, leur désaccord même me bouleversait; mais celui-ci non plus n'était pas plus marqué qu'au cours de leurs discussions antérieures. Alors ? Leur échange était-il finalement imperceptiblement différent de ceux dont ils m'avaient habitué, plus discordant ? Où était-ce simplement dû à une disposition particulière de mon esprit ce soir-là ? En y repensant aujourd'hui et en anticipant sur les événements à venir plus tard dans la nuit, la seconde hypothèse me paraît plus plausible. Quoi qu'il en soit ! L'impression était là. Mon trouble devenant de plus en plus envahissant au fil des heures, j'avais même fait l'effort de prendre la parole au beau milieu d'une de leur polémique, ce qui n'avait bien sûr pas manqué de les étonner. Pensant me défaire de ce sentiment d'oppression en prenant part au débat, j'ai vite compris au bout de quelques minutes d'implication que l'idée était bancale, et que le sentiment d'oppression premier laisserait vite place à une frustration aiguë si ma participation se prolongeait; leur degré d’alcoolémie avancée à ce stade de la soirée étant bien évidemment responsable de leur totale incompréhension de chacune de mes paroles. Lorsque j'y pense avec le recul, c'est d'ailleurs aussi pour cette raison que j'ai pris l'habitude de me murer dans un silence attentif lors des débats, qu'ils soient houleux ou non. Débattre avec quelqu'un c'est s'engager, c'est se promettre à soi qu'on exposera son point de vue jusque dans ses plus déserts sillons; le cas contraire laisse un goût désagréable d'inachevé et une immanquable frustration une fois la controverse close. Débattre c'est signer un pacte; il n'y a que celui qui s'est entièrement détaché de tout orgueil qui peut échanger avec une opinion contraire sans se sentir prisonnier de ses propres conviction et de leur profondeur, qui peut discuter de la plus détachée des manières sans crainte d'une frustration future. N'étant pas aussi vertueux, ma discrétion est préventive: elle m'évite de rencontrer une fierté que je me sais bien trop familière. Oh, il en cache des choses, ce mutisme, et tout n'est pas encore dit !
Espérant m'apaiser, je pris un verre et le remplit de vin, ce qui surprit mes deux collègues qui étaient évidemment au fait de mon hostilité envers l'alcool.


- Léon qui prend part aux débats et qui boit une coupe de vin ! Ha ! La nuit faste que voilà !, Tonna Marc, donc le visage rougi attestait d'une grande animation.
- Quelque chose à fêter ?, me demanda Joe avec un heureux étonnement.
- Disons que je suis d'humeur favorable ce soir, dis-je en regardant tour à tour mes deux compagnons du coin de l’œil.


Tout deux descendirent leur rasade d'une traite, comme pour célébrer cette soirée si particulière. J'essayais de les suivre dans leur mouvement mais reposais mon verre à moitié vidé, écœuré par le goût du vin - qui n'était pourtant pas si mauvais à en croire leur savant témoignage. Ils reprirent leur discussion où ils l'avaient laissée, lançant régulièrement des œillades à mon verre pour en observer l'évolution. Pour ma part, ces quelques lampées m'avaient légèrement tourné les sens et avaient bel et bien confirmé mon aversion envers l'alcool. Toutefois, par égard pour mes deux compagnons que mon initiative avait si visiblement réjouis, je m’efforçais de finir ma coupe par petites lippées timides, m'habituant malgré tout peu à peu à ce goût âcre qui m'avait tant dérangé au premier contact. Mon verre fini, le moment était venu d'en sonder les effets; si ce n'est un léger trouble des perceptions et un fond d'allégresse m'ayant quelques instants traversé comme un fantôme, il n'avait pas eu sur moi le résultat escompté. Peut-être aurait-il fallu en boire plus mais cet effort m'aurait bien trop coûté, et j'avais l'intime certitude que seule une virée en plein air parviendrait à me rasséréner...

J'ai cette nuit là quitté la soirée plus tôt que d'habitude. Ce troisième et dernier comportement anormal acheva de déconcerter Marc et Joe, pas tant par son aspect inattendu que par son apparente contradiction avec ma prise de parole et de boisson, qui semblait devoir témoigner chez moi d'une humeur particulièrement festive. La réalité étant tout autre, j'avais pris la décision d'arpenter les rues de ma ville quelques heures, espérant en derniers recours que l'air nocturne me serait d'un quelconque remède.
Il avait plu pendant la nuit, et une légère bruine se déversait encore en guise de derniers soubresauts. La lumière des lampadaires se reflétait dans les flaques dont le sol était noyé et dessinait les rues de formes surréalistes. Il faisait agréablement frais, et il est vrai que sortir de ce clapier pour retrouver de plus grands espaces avait calmé mes tourments. Malgré tout, une sensation de gêne persistait en moi; un sentiment d'asphyxie rampant qui semblait vouloir se redresser au fil des ruelles traversées sous l'aigre crachin. Je marchais rapidement sans vraiment savoir vers où me diriger, et, à plusieurs reprise, mes pas prirent inconsciemment la direction de mon appartement, que j'évitais à temps en m'engageant dans une quelconque rue adjacente. Il était encore trop tôt pour retourner chez moi; je n'avais pas encore la force de retrouver un nouveau cagibi, un nouvel étau, après en avoir quitté un si peu de temps auparavant...
Les rues étaient à cette heure tardive peu fréquentées, quelques groupes de jeunes gens euphoriques outre mesure et quelques sans domiciles enveloppés d'insuffisantes couvertures les peuplaient difficilement. Je ne saurais estimer le temps que j'ai passé à déambuler ainsi; une heure peut être, deux sûrement. Abîmé dans mes pensées et comme hors du monde, le plus clair de mon introspection tendait à saisir le moindre mouvement, la moindre convulsion de ce sentiment d'anxiété qui ne s'estompait toujours pas. D'une sensibilité nouvelle, épris d'espoir à la première illusion de soulagement, affligé à la première aggravation, il est pourtant fort probable qu'il n'avait pas fluctué le moins du monde depuis le départ et que cette attention excessive affinée de minutes en minutes me jouait des tours. De plus en plus conscient du fait, je finis par conclure que ce malaise devait trouver sa source dans quelque désordre biologique; une mauvaise digestion, ou un trivial manque de sommeil. Délaissant toute vaine tentative d'apaisement par l’intellect et m'abandonnant aux lois naturelles, je décidais finalement de rentrer chez moi pour me reposer, certain que seule une activité pragmatique de cet ordre saurait me décharger. Revenant à moi - ou, plus précisément, revenant au monde -, je compris alors à quel point mon errance m'avait excentré: je me trouvais à environ une demie heure de marche de mon appartement; et ce qui m'aurait satisfait quelques heures auparavant me pesait alors terriblement. D'un pas précipité, ayant abandonné toute méditation pour la vile idée d'un sommeil réparateur, je traversais ruelles, artères, boulevards dans une demie-course, plus que jamais désireux d'arriver chez moi.


Mais cet élan fut au bout de quelques minutes interrompu par un homme m'interpellant depuis une rue transversale.

- Hé, garçon !... Jeune homme ! Monsieur...!


Pendant plusieurs secondes, j'ai hésité entre me retourner et continuer mon chemin, simulant l'indifférence. Un bref instant, l'idée que Marc et Joe étaient partis à ma recherche à cause de mon étrange comportement m'a parcourue, mais je chassais cette pensée aussitôt: ce n'était pas eux. Retarder - ne serait-ce que de quelques minutes - le moment où je pourrais enfin me délivrer de mon malaise par le repos m'était singulièrement pénible; mais, en dépit de mes réticences, je me retournais en direction de la voix de basse - presque malgré moi, comme contraint par une force extérieure que je tenterais par la suite d'expliquer toute ma vie.
Visiblement heureux de me voir réagir à son appel, je le vis s'approcher de moi d'une démarche branlante. L'homme était grand, la quarantaine, couvert d'habits paysans relativement usés, il ressemblait d'allure à ces aînés de campagne venus en ville occasionnellement pour rendre visite à leurs enfants. Ses traits semblaient marqués, aigus, mais un maladroit agrégat de cheveux et de barbe charbonneux envahissait son visage comme pour en camoufler les saillies. Il aurait pu ressembler à un mendiant si il ne lui manquait pas ce semblant de confusion qui leur est particulier. Il était toutefois passablement ivre.


- Monsieur... Jeune homme... Passons... 'N'aurait pas une cigarette pour moi ?, me demanda-t-il d'une voix presque intime une fois arrivé à mes côtés. Il accompagnait chacun de ses mots de petits gestes pesés.
- Non, excusez-moi, je ne fume pas, lui répondis-je avec hâte, soulagé d'avoir été interpellé pour pareille broutille.
- Roh, dis, sois chic ! Voilà maintenant plusieurs escouades de cadets à qui je demande une sèche, et personne n'en a, ha ! Fables ! Les lèvres au goulot ils vous promettraient la tempérance, tous...!
- Je vous assure, je...
- Oh mais je te fais confiance, je te fais confiance. Je vois bien que tu ne fais pas partie de ces grappes de jeunots rougis d'alcool qui patrouillent les rues en piaillant. Ha, j'ai même envie de dire, tu es bien trop sobre pour être dehors à cette heure-ci !
- A vrai dire, je rentrais chez moi justement, j'habite assez loin d'ici donc j'aimerais ne pas trop tarder... lui dis-je avec une certaine timidité.
- Rien de bien pressant, allons, personne n'a de rendez-vous à une heure pareille...!


Je sentais notre homme bavard, et commençais a regretter de m'être retourné à ses cris.


- Sans vouloir vous froisser... Je suis fatigué, j'aimerais pouvoir me reposer le plus rapidement possible... lui répondis-je avec prudence, ignorant complètement la manière dont il pourrait réagir.
- Oh, ne te tracasses pas pour si peu, c'est naturel d'être vanné à 4 heures du matin...


Bon. Un rhétoricien. Peut-être était-il rendu particulièrement volubile par la boisson... Quoi qu'il en soit, le dialogue semblait devoir s'éterniser, sans que je puisse prévoir où il me mènerait. Peut-être qu'après tout, cet homme serait d'une distraction suffisante pour dissiper mon trouble ? Rebuté quelques secondes par un aussi vulgaire utilitarisme, j'acceptais finalement cette idée et en tirait une alternative satisfaisante...


- Il faut vraiment que je rentre, mais peut-être accepteriez-vous de m'accompagner sur une partie du chemin ? Si cela ne vous éloigne pas trop de chez vous...
- Oh, volontiers, tu sais, personne n'a de rendez-vous à une heure pareille... Répondit-il avec un sourire railleur, auquel je répondis, amusé.


Nous nous mîmes en marche.


- Que faites vous seul dehors en pleine nuit ? Lui demandais-je avec formalité, espérant de sa part une interminable logorrhée d'ivresse pour avoir à écouter plus qu'à parler.
- Ha, ça, c'est à moi de te le demander, mon garçon ! Une question d'aîné, ça ! La vingtaine, n'est-ce pas ? Environ ? Oui ? Oui...! Un gamin d'à peine plus de vingts tours qui lanterne de nuit en ville, et sans être saoul ! Pas quelconque, non !...
- Je reviens de chez un ami.
- Bien morne pour un jeune gars qui revient de fête ! La figure cafardeuse, tu rendrais glauque un rayon de soleil. Pas que de la fatigue là-dessus...!
- Un léger malaise, je pensais que vadrouiller un peu me soulagerait mais rien n'y fait, je couve peut-être quelque vicieux microbe...
- Les virus, ça défait pas un visage avec tant d'art ! Y'a qu'un esprit chambardé pour vous tirer les traits ainsi... Comme une masse de plomb pendue... Qu'est-ce qui va pas ? Pour penser que c'est là le travail d'un microbe, tu dois l'ignorer toi-même, pas vrai ?
- Oui, enfin... J'aurais du mal à vous en parler vraiment, pour plusieurs raisons, mais...
- Allons, allons pas le moment pour les quant-à-soi, dit-il en approchant son visage du mien. Que penser d'un minot qui craint d'échanger avec une ombre des rues comme moi ! Et ivre, l'ombre des rues, bien débordante, qui plus est...


Je sentais bien qu'à ce stade de la conversation, me montrer excessivement réservé en révélerait davantage sur moi que la plus secrète confession. J'ignorais si notre homme m'avait volontairement contraint ainsi ou si cette situation n'était due qu'à ma maladresse; quoi qu'il en soit, cet inconnu à l'éloquence singulière piquait ma curiosité. Par un mécanisme paradoxal d'auto-défense, plus pudique encore que le mutisme clos, je décidais finalement de m'ouvrir un peu à lui.


- On pourrait peut-être commencer par nous présenter plus en détail, non ?, lui proposais-je pour introduire. Vous admettrez que poursuivre une discussion pareille en ignorant ne serait-ce que nos noms respectifs, c'est plutôt étrange...
- Oh, non ! Non, je n'y tiens pas. C'est là tout le sel; des ombres l'un pour l'autre, d'un point de vue social, j'entends... Et puis un nom, ça ne détaille rien, au contraire, ça éloigne, en nous individualisant plus que de besoin !... Restons-en là, et reprenons où nous nous étions arrêtés: le nébuleux microbe...
- Ha, lui ! J'aurais réellement du mal à en parler, pas par excès de timidité, mais par incompréhension. Ce que je peux en dire se résume assez rapidement: un malaise dont j'ignore l'origine me gâte les nerfs depuis le début de soirée, et à y repenser clairement, depuis un certain temps. Des vagues régulières d'anxiété ou de morosité dont j'ignore la provenance, comme si elles étaient leur propre cause. Mais de là à en faire un sujet de discussion...
- Comme un enfant perdu qui contemple la mer: des vagues qui semblent être sans origine; causes d'elle-même... Ou qui en tout cas trouvent leur source là où le regard ne se porte pas. Je crois que vous êtes bien tombé, ce soir !
- Pourquoi, vous êtes fin psychologue ? Le questionnais-je, non sans une certaine ironie.
- Peut-être pas plus clairvoyant qu'un autre, non... Mais malgré tout, à mon âge, tout les hommes ont acquis un certain bagage vis-à-vis des principaux maux spirituels - bagage souvent plus empirique que réellement intellectuel, c'est vrai - à condition qu'ils ne se soient pas encroûtés de routine, ce qui est courant, répondit-il dans un léger souffle de mélancolie. Il m'apparaissait tout à coup comme dégrisé, moins véhément.
- Vous avez déjà connu ce type de gênes récurrentes ?
- Assurément ! Comme la plupart de nos funestes contemporains: quasi-universel !... Cette race de désespoir voilé, Kierkegaard t'en parleras mieux que moi, si tu lui fais confiance. Toutefois, j'en garde quelques idées. Depuis combien de temps cette anxiété t'es-t-elle familière ?
- Difficile à dire vous savez, je n'ai pas encore eu le temps d'y réfléchir vraiment. La forme particulière qu'elle a adopté ce soir m'a permis de la caractériser avec plus de précision, et surtout de prendre conscience de son ancienneté, mais...
- Je comprends bien, je comprends tout à fait !, clama-t-il subitement, comme dans un sursaut. Mais qu'importe, qu'importe qu'il soit d'hier ou d'aujourd'hui... J'aimerais te faire part de mon expérience, si le cœur t'en dis, j'ai quelques dignes raison de penser qu'elle pourrait faire écho à la tienne...


J’acquiesçais d'un mouvement de tête, de plus en plus intéressé par cet individu aux allures paysannes, au point d'en oublier ledit malaise - qui semblait s'être évanoui à sa venue. J'avais de plus en plus de difficultés à estimer le taux d'alcoolémie de notre homme, et mon idée sur celle-ci variait d'une réponse à l'autre; il en jouait visiblement, comme pour se donner une certaine liberté de ton. Il ne devait, de toute évidence, pas être aussi ivre qu'il le prétendait. Je redoublais donc d'attention pour ne pas perdre une miette de son récit, qu'il semblait dans un court silence en train de structurer au mieux...


- Les choses peuvent sembler précipitées, c'est vrai, commença-t-il. Nous échangeons quelques brèves paroles et me voilà prêt à m'étendre ainsi, persuadé d'avoir compris aussi rapidement ce qui te charge... Je saurais comprendre tes réticences, et peut-être me trouves-tu envahissant !... Je suis moi-même conscient que l'histoire dont j'aimerais te faire part sera peut-être partagée en pure perte... Et ton mal est peut-être radicalement différent du mien, peut-être, peut-être me suis-je alors égaré, tout ça, c'est bien possible ! Mais malgré tout, je pense mon tourment universellement répandu, ou presque; n'as-tu jamais eu cette impression ? De ressentir quelque chose, et d'être convaincu que chaque être humain ayant respiré sur cette planète l'a lui aussi éprouvé, au moins une fois ? C'est une intuition très courante chez moi; mais peut-être encore n'est-ce qu'un malin mirage ! Ha, je ne saurais jamais te montrer suffisamment mon incertitude, et mille "peut-être" n'y suffiraient pas... Enfin, oublies tout ça; l'essentiel, l'essentiel: le voici !
Jusqu'à présent, ma vie fut divisée en 2 parties bien distinctes, cruellement inconciliables. J'ai pendant de longues années mené un mode d'existence autarcique, dans une petite maison de campagne. Etant fils d'agriculteur - dont nous connaissons la maigre condition -, j'ai le long de mon enfance vécu modestement, ce qui ne me dérangeait pas, bien au contraire; j'ai ainsi appris rapidement ce qui a de la valeur et ce qui en est dénué. L'amour pour la nature me fut très tôt insufflé, et mes plus galants souvenirs sont ces heures de contemplation passées à me fondre en elle, à me couler dans les plus menus détails dont elle est peinte, à en épouser les formes, comme l'eau d'un océan épouse avec érotisme les formes d'un verre; chaque seconde de mon existence a le galbe des forêts verdoyantes et de leurs chevelures lamées; des rivières fuyantes aux lumières onduleuses, éventrées par quelques roches érodées; des galets trébuchants et des pierres rétives; des montagnes orgueilleuses; des brins d'herbes turbulents aux vents continus;... Chacune de mes respiration y trouve sa source ! Seulement, tu sais, un jeune homme comme je l'étais n'a pas la stabilité nécessaire à tant de sagesse... Et, bien qu'habitant la campagne, j'ai été contraint de poursuivre mon cursus scolaire dans la ville la plus proche; ce qui, avec le recul, fut pour moi le plus noir des ravages. Ainsi, à cette époque - et c'est le schéma général de ma vie, lorsque j'y repense -, mes journées étaient divisées entre le temps dépensé au contact de la nature et le temps passé en ville, à goûter au rustre équilibre des vertus et des vices sociaux. Et, je peux le promettre aujourd'hui sur tout ce que Dieu sait bénir: un être humain n'est pas fait pour un tel état de déséquilibre. Crois-moi, petit, rien ne peut nous faire plus de mal... Plus les années filaient, plus le déséquilibre s'amplifiait. Mes activités spirituelles avalées par les distractions et la routine civile, j'avais alors une vingtaine d'années. Inutile de le préciser, c'est à cette période que l'obscur malaise apparut en moi, par vagues cadencées parfois tamisées par le fard des diversions sociales... Ceci dit, il ne me fallut que peu de temps pour saisir l'origine de cette anxiété métronome. Le Mal Des Villes, larvé...! Je m'étais coupé de ma Nature, comme une fleur cueillie se flétrit ! Le voilà, l'horrible démon !... Oh, oui, je m'en suis vite rendu compte, et j'ai sillonné tout les régions de mon intelligence pour essayer de lier ce mode de vie social auquel j'étais devenu dépendant à ce mode de vie spirituel dont l'absence m'était déchirante, mais rien à faire ! L'esprit ne se repaît pas de demi-mesures, voilà l’inacceptable constat que le temps me jette au visage !... J'ai vécu une dizaine d'années supplémentaire, jusqu’à la trentaine, avec ce serpent vissé aux tripes chaque foutue journée. "Un démon aux yeux noirs qui produit l'aliment dont il se nourrit" ! Tel que tu me vois aujourd'hui, ma situation n'a que peu évoluée. J'ai un appartement en ville, et je loue régulièrement un chalet en montagne, loin de ce monde; c'est une traînée d'oxygène qui m'est nécessaire, qui nous l'est tous, par essence, je saurais le garantir... Quelle consolation lorsque je renoue - ne serait-ce que quelques semaines - avec la nature de mon enfance, ce Tout qui est mien; mais quel odieux supplice lorsqu'au bout de quelques semaines d'autarcie, je sens en moi naître ce besoin de retourner aux villes grisonnantes, à ses basses distractions, quelle honte lorsque cette dépendance que j'aimerais cacher à ma conscience se fait si criarde... Tu sais, jeune homme, il y aurait beaucoup de choses à dire au sujet de la nature, mais une chose me semble primordiale: la nature est consciente, puisque nous le sommes. En tant que partie intégrante de la nature, l'homme incarne la conscience de la nature; la nature est consciente d'elle-même à travers l'homme, je le parierais. Nous avons de toute évidence des responsabilités particulières envers elle !... A la fois nature consciente et nature inconsciente: chacun de nous ! Inconsciente, oui, puisque nous sommes les seuls éléments naturels à ne pas savoir ce qui est bon pour nous, à ignorer comment "persévérer dans notre être" - Conatus !... Consciente et inconsciente, de la même façon qu'un atome peut se trouver en deux états différents simultanément; le paradoxe, voilà le ressort du Monde !


J'étais subjugué. Comment un inconnu rencontré au détour d'une rue une nuit de bruine avait pu, en si peu de temps, me comprendre mieux que je ne l'aurais su moi-même ? Ce "mal des villes" était-il à tel point universel, suffisait-il de l'avoir analysé en soi pour l'avoir compris dans ses plus secrètes nuances chez les autres ? J'avais du mal à l'admettre, mais c'était pourtant la seule explication à l'écho tapageur que ses paroles avaient trouvée en moi. Dans ma cervelle étourdie se bousculaient une foule de questions qui semblaient obstruer la sortie: je n'arrivais à en formuler aucune. Regardant autour de moi d'un air fiévreux comme pour voir si quelqu'un d'autre que moi avait assisté a cette scène inouïe - ce qui, en soi, était insensé -, j'aperçus avec surprise que nous avions dépassé mon appartement de quelques rues. Je n'avais rien vu du trajet, et à vrai dire, j'avais même oublié qu'en discutant, nous marchions. Dans ma stupeur, je proposais à cet homme fascinant de passer la nuit chez moi, aussi bien pour lui éviter le chemin du retour que pour continuer cette merveilleuse discussion.


- C'est gentil de ta part, petit. Mais le principal a été dit, le reste: fioritures, ornements !... En tout cas, sache que je suis très heureux de voir que mon récit t'as touché, très heureux, oui... Même si j'aurais tout de même préféré qu'il te soit absolument étranger, j'en suis heureux, égoïstement... Bon courage jeune homme, j'espère que l'on se reverra; c'est même, je pense, inévitable; les bras de Dieu sont forts !...


Je le vis s'éloigner d'une solide démarche, non pas en rebroussant chemin mais en poursuivant la route que nous empruntions. Il disparut quelques secondes plus tard en s'engageant dans une rue adjacente. Après être resté quelques minutes à regarder au loin dans une demie torpeur, espérant le voir revenir sur sa décision, je tournais finalement les talons et rentrais chez moi machinalement, oubliant même de fermer la porte de mon appartement. Je m'allongeais brusquement sur mon lit, comme vidé de mes forces, et fermais les yeux. Cherchant en moi une trace de l'universelle anxiété, de ce Mal des Villes, la réponse était claire: il avait pour le moment entièrement disparu.
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Petit Eclair
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 18:27

Très sympa à lire

Le thème abordé est intéressant. ça me fait même penser un peu à mon vécu personnel. Des fois quand ça va pas, je vais faire un tour au parc ou au bois le plus proche, et je sens bien que la reconnexion avec la nature m'apaise. Explorer plus en profondeur ce thème là, le mal des villes et la connexion avec la nature, est une très bonne idée.

J'aime bien ton style d’écriture : ça fait longtemps que je lis très peu de roman ou de livres divers, du coup ça m'a fait un peu bizarre de tomber sur un style d’écriture très riche, détaillé, soutenue, mais passé le temps d’adaptation ton style d’écriture me plait bien. ça fait même bien plaisir de redécouvrir une belle écriture comme ça.

Tu penses poster la suite quand ?
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Zohar
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 18:42

Très enrichissant. Merci.
A partir de quoi vous vous inspirez ?
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 18:49

C'est excellent.

Tu as mis combien de temps à écrire ça ?
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 20:13

Petit Eclair a écrit:
Très sympa à lire  

Le thème abordé est intéressant. ça me fait même penser un peu à mon vécu personnel. Des fois quand ça va pas,  je vais faire un tour au parc ou au bois le plus proche, et je sens bien que la reconnexion avec la nature m'apaise. Explorer plus en profondeur ce thème là, le mal des villes et la connexion avec la nature, est une très bonne idée.

J'aime bien ton style d’écriture : ça fait longtemps que je lis très peu de roman ou de livres divers, du coup ça m'a fait un peu bizarre de tomber sur un style d’écriture très riche, détaillé, soutenue, mais passé le temps d’adaptation ton style d’écriture me plait bien. ça fait même bien plaisir de redécouvrir une belle écriture comme ça.

Tu penses poster la suite quand ?

Merci Petit Éclair, content que ça te parle Pour le style je me suis beaucoup inspiré de Louis Calaferte (Septentrion surtout), il est incroyable !
La suite normalement je la posterais d'ici une dizaine de jours, ça va dépendre de plusieurs facteurs, mais d'ici 10 jours - 2 semaines ça devrait être bon je pense !


Zohar a écrit:
Très enrichissant. Merci.
A partir de quoi vous vous inspirez ?

Merci à toi ! Là pour le coup je me suis inspiré de mon expérience personnelle et de celle de mon entourage, après pour l'écriture j'avais beaucoup de livres à côté de moi qui m'ont guidé au fur et à mesure pour que j'évite de trop me perdre à plusieurs niveaux


.:: CàmisOle ::. a écrit:
C'est excellent.

Tu as mis combien de temps à écrire ça ?

Merci gros, c'est cool que ça te plaise !
J'ai mis 10 jours, après j'ai pas passé des journées entières à écrire mais j'essayais quand même d'écrire quelques paragraphes tout les jours pour avancer régulièrement !
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Zohar
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 21:01

Merci de nous avoir répondu, ceci rend mes analyses + intéressantes.
Bien à toi.
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 23:46

Avec plaisir !
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Petit Eclair
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Sam 28 Mai 2016 - 23:48

Shotgun a écrit:


Merci Petit Éclair, content que ça te parle Pour le style je me suis beaucoup inspiré de Louis Calaferte (Septentrion surtout), il est incroyable !
La suite normalement je la posterais d'ici une dizaine de jours, ça va dépendre de plusieurs facteurs, mais d'ici 10 jours - 2 semaines ça devrait être bon je pense !
!

C'est amusant, je connais un peu Louis Calaferte, mais plus ce qu'il a fait niveau théâtre : avec mon option théâtre au lycée, j'ai joué un extrait du "Serment d’Hippocrate", qui est une pièce de Calaferte. Par contre évidemment le style est bien différent
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Dim 29 Mai 2016 - 0:05

Haha marrant ça, ça devait être cool ! J'ai jamais lu son théâtre, faudra que j'y passe mais dans ses romans, et surtout dans Septentrion, son écriture c'est à s'arracher les cheveux
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Jeu 2 Juin 2016 - 11:37

sympa
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Jeu 2 Juin 2016 - 22:40

Merci
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Mar 14 Juin 2016 - 4:45

Tu envoies bientôt la suite ?
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Mar 14 Juin 2016 - 9:22

.:: CàmisOle ::. a écrit:
Tu envoies bientôt la suite ?

On a même crée une fan page sur Facebook tellement on est des groupies, on est déjà deux avec Camisole
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Mar 14 Juin 2016 - 13:59

Du coup le up fut fort utile, c'est très intéressant. J'attends tout autant la suite que mes comparses prédécesseurs
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Mar 14 Juin 2016 - 17:13

Petit Eclair a écrit:
.:: CàmisOle ::. a écrit:
Tu envoies bientôt la suite ?

On a même crée une fan page sur Facebook tellement on est des groupies, on est déjà deux avec Camisole

Haha c'est déjà bien !
Là j'ai fait une petite pause pour rassembler mes idées vu que la partie à venir risque d'être plus dense, mais je vais recommencer à écrire très prochainement !

Et merci Mowglie
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Mar 13 Déc 2016 - 22:18

Ahah je les enfin lus, je prefere de bc le chapitre 2, le chapitre 1 et trop tiré pour moi, enfin le chapitre 2 me parle plus, et ya bc plus de toi dans le chapitre 2, plus d'ame de vie, le 1 bof ! le type tu l'as vraiment rencontré ? Ahhh moi je comprend bien son déséquilibre il est bien horrible se déséquilibre d'ailleurs mais aussi beau, enfin je parle de moi, bien en tout cas !
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Jeu 15 Déc 2016 - 11:53

L'une des raisons de mon bref retour était de lire la suite de ta nouvelle, ça en est où ? Il me semble que le délai de 15 jours annoncé est largement dépassé Mais apparemment tu n'es plus très actif ici et sur Facebook, voire plus du tout ; alors, aurons-nous droit à la suite ?
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MessageSujet: Re: Le mal des villes [Première partie]   Jeu 15 Déc 2016 - 22:39

Ah salut Cami, ça fait plaisir de te revoir ! J'avoue avoir laissé en suspens cette nouvelle pour le moment pour écrire pas mal d'autres choses, notamment 2 poèmes que tu peux retrouver dans cette section si ça t'intéresse !

Halogène yes le chapitre 1 est moins intéressant mais nécessaire à l'introduction, y'a toujours ce genre de chapitre dans un livre de toute façon haha, c'est une longueur nécessaire mais un mec qui écrit bien sait faire sentir quand une longueur est utile, si c'est pas le cas là c'est que j'ai pas encore le niveau suffisant
Nope je l'ai pas rencontré, je l'ai inventé à vrai dire haha
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