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 L'humain est il sceptique de nature? (edit: j'épure unpeu)

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Mugen
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MessageSujet: L'humain est il sceptique de nature? (edit: j'épure unpeu)   Lun 15 Oct 2012 - 23:45

Et,
-seriez vous d'accord pour dire que les êtres les moins sceptiques de notre planète sont de fait les animaux? et quand bien même, parmi les animaux, plus ils ont un degré élevé de conscience et d'intelligence moins ils se reposeront sur leurs acquis (j'entends par là des acquis par l'évolution dans un sens darwinien, comme les griffes d'un lion ou les dents d'un requin, et aussi les acquis culturels ou artificiels) et mettrons en doute perpétuellement son état, son être et son environnement, pour avancer.

Hop, j'edit. Pour qu'il n'y ait pas d'amalgame inutile: Est-ce que le fait qu'il ait différentes religions et dans ces religions différentes voies, comme le catholicisme et le protestantisme, ne révèle-t-il pas l'ancrage profond du scepticisme dans la nature même de l'Homme?

Et à ces questions, j'aimerai vous faire partager un "petit supplément", donné par une prof de philo d'une université de Paris.


Citation :

L’école sceptique ou pyrrhonisme :

I. Contexte historique :

C’est en 320 AC, à Athènes, que Pyrrhon D’Elis, considéré comme le fondateur de l’école, dispense son enseignement. Il est le fondateur de l’école sceptique ou pyrrhonisme mais peu de choses de sa vie nous sont parvenues et tout comme Socrate, il n’a rien écrit de son vivant ; la philosophie sceptique nous est donc transmise par ses disciples.

Comme pour la plupart des anciens grecs, le peu que nous savons nous a été transmis par Diogène Laërce, poète et doxographe contemporain – c’est-à-dire une personne chargée de rapporter pour la postérité les opinions de son temps – et son histoire retrace avec perfection, peut-être trop de perfection, l’idéal grec de la vie du penseur grec : de naissance pauvre, il voyage beaucoup, et sera l’élève des plus grands esprits de son temps, partira en Inde avec les troupes d’Alexandre le Grand, avant de revenir à Elis, pour mener une vie simple et tranquille, aux côtés de sa sœur, passant ses journées à méditer et à vendre des cochons de lait, se gardant surtout d’affirmer quoique ce soit à quelque sujet que ce soit. En effet, il refusait de croire à l’existence d’une vérité en soi et considérait que les actions des hommes étaient uniquement le résultat de l’habitude et de la coutume.

L’école sceptique naît à la même période que les deux autres grandes écoles hellénistiques – des conquêtes d’Alexandre le Grand aux débuts de l’empire romain – l’épicurisme et le stoïcisme. La chute des cités grecques et principalement d’Athènes, conduit à un déplacement de la problématique philosophique. En effet, avec ces trois écoles commence à émerger une interrogation philosophique sur la question du sujet individuel, la question du citoyen si chère à Socrate et Platon passant, avec le changement de régime, au second plan. La philosophie n’est plus alors considérée comme une fin en soi, mais elle devient le moyen du bonheur individuel. Ainsi, chez les sceptiques, l’épochê a certes un but épistémologique – du point de vue de la connaissance – mais aussi éthique (ethos : le comportement) ou pratique : l’ataraxie, l’absence de trouble de l’âme.

Textes et postérité :

Sextus Empiricus, 190 PC, qui a transmis plusieurs ouvrages sceptiques majeurs dont les Esquisses pyrrhoniennes, ou encore Contre les savants.

Les tropes d’Agrippa et Énésidème. Les tropes désignent des arguments pour parvenir à la suspension du jugement, c’est-à-dire à l’épochê.


II. Le contenu doctrinal.


1. Les deux sens du dogmatisme.

Le dogme désigne une affirmation considérée comme incontestable, du grec dokéô : paraître. Les philosophes sceptiques considéraient que la vérité n’était pas accessible à l’homme et s’opposaient par là à tout dogmatisme, c’est-à-dire, à tous ceux qui posaient des thèses.
Il est important de ne pas confondre avec le sens contemporain, puisqu’aujourd’hui, une personne dogmatique est considérée comme une personne arrogante et autoritaire, qui refuse de reconnaître un autre point de vue que le sien, ce qui est bien sûr contraire à l’esprit de l’épicurisme ou encore du stoïcisme.

2. La méthode sceptique ou le doute radical.

Si les philosophes sceptiques considèrent que tout dogmatisme est par nature faux, c’est parce qu’ils estiment qu’à chaque thèse en correspond une autre tout aussi légitime et que, les deux thèses concurrentes étant de force égale, il est absolument impossible pour l’esprit de trancher, ce dernier étant alors dans une aporie, une impasse, une voie sans issue (trope du désaccord).

3. Les tropes.

Ils nous ont été transmis par Énésidème et Agrippa, ce terme désigne les procédés destinés à parvenir à l’épochê. En effet, il s’agit ici d’une méthode – du grec méthodos : le chemin, la voie – c’est-à-dire d’un ensemble de procédure permettant de mettre en balance les thèses concurrentes, et destiné à faire gagner en efficacité celui qui raisonne.
Il s’agit de montrer que cette vérité des choses en elles-mêmes, recherchée par Platon au-delà des apparences sensibles, ne nous est pas accessible. L’homme n’a pas accès aux choses telles qu’elles sont, il n’a accès qu’aux phénomènes c’est-à-dire à la façon dont elles lui apparaissent (phainoménôn : ce qui apparaît), que, par exemple, une chose n’est en elle-même, ni bonne, ni mauvaise, mais l’est relativement à celui qui la considère.

Les plus connus sont ceux, outre celui du désaccord, sont ceux, selon Agrippa :
- De la régression à l’infinie : toute chose en requiert une autre pour être démontrée, laquelle en requiert elle-même une autre, et ainsi de suite ; par conséquent la démonstration n’aura jamais de terme.
- Du relatif ou de l’observateur : toute réalité dépend de celui qui l’observe.
- De l’hypothétique : relever les postulats – proposition non démontrée et peut-être non démontrable – admis par les dogmatiques et montrer que ceux-ci sont nécessaires à l’établissement de la thèse.
- Du diallèle ou du cercle vicieux : Une thèse A a besoin de la thèse B pour être démontrée, qui requiert elle-même la thèse A pour être démontrée.


4. Pyrrhoniens et sophistes.

On pourrait être tenté de rapprocher ces deux écoles, notamment lorsque l’on met en rapport le trope du relatif – ce qui est perçu est fonction de qui perçoit – et l’assertion de Protagoras, dans le dialogue éponyme : « L’homme est mesure de toute chose. » Mais ce serait se méprendre sur les fins des deux écoles. Il ne s’agit pas, par le trope du relatif, d’autoriser à ce que chacun adopte la position qui lui convient le mieux en fonction des circonstances (l’utile, propre du sophiste) mais de suspendre son jugement, de refuser de choisir, d’admettre les limites, par la raison, de l’accès à la connaissance.
Loin d’être un refus de penser, le scepticisme est une invitation à la recherche. Si la philosophie est une activité zététique (de zétésis : la recherche), alors le pyrrhonisme peut être considéré comme sa version la plus aboutie. En effet, le terme sceptique dérive du grec skeptikos : celui qui examine, et le souci de n’admettre aucune proposition qui ne résiste aux tropes ou aux objections, loin de signifier l’arrêt de la recherche, en devient l’aiguillon.


5. La question du bonheur.

On peut se demander en quoi vivre dans l’incertitude absolue pourrait bien nous mener au bonheur, dans la mesure où tout se passe comme si l’homme avait besoin de certitudes, mêmes illusoires, pour conduire son existence et inscrire son action dans ce monde. En effet, savoir que rien n’est vrai ne semble pas à première vue être une position intellectuelle des plus rassurantes et peut potentiellement mener aux conduites les plus extravagantes et les plus dangereuses. Comme l’indique votre manuel, si rien n’est vrai, alors pourquoi diable sortir par la porte plutôt que par la fenêtre ?
En réalité, les pyrrhoniens admettent le vraisemblable – ce qui sans être démontré, a les apparences du vrai – et règlent leurs conduites dessus. Il ne s’agit pas pour autant de dogmatiser mais les sceptiques reconnaissent qu’il faut bien vivre : « nous ne sommes pas capables d’être totalement inactifs », écrivait Sextus Empiricus, dans les Esquisses pyrrhoniennes. Ainsi, ils reconnaissent percevoir par les sens et en fonction de leurs sens, la nécessité de satisfaire aux besoins du corps, le respect des traditions et des coutumes, et, enfin, l’apprentissage du nécessaire respect des règles techniques dans la production d’artefacts.
Si l’épochê mène à l’ataraxie, c’est parce que le sceptique, dans le même temps où il découvre que le conflit des opinions est vain et stérile, s’en éloigne et s’en retire : il se place au-dessus et n’est dès lors plus sujet à des troubles sans solution puisqu’il a compris que la vérité, sans jamais se prononcer sur la question de son existence, lui était inaccessible.



On l’a vu, le scepticisme est une position radicale, mais qui n’est pas sans cependant ouvrir sur la modernité scientifique des siècles avant son avènement. En effet, en refusant la connaissance des choses en elles-mêmes, des noumènes dirait Kant, le sceptique ne s’interdit pas de chercher à connaître et à fournir des explications aux phénomènes, c’est-à-dire aux choses telles qu’elles sont pour moi, telles qu’elles sont relativement à moi, en tant qu’ individu situé en un instant et un espace précis, avec la sensibilité qui est la mienne. Pour autant, on est en droit de se demander si un doute aussi absolu est nécessaire et s’il n’existe pas des vérités, capables de servir de base à l’édifice des connaissances, dont la légitimité se tirerait d’elles-mêmes et de leur évidence.

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